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Bangkok, dark side
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Samedi 12 avril
Bangkok
Bangkok, dark side

Avec une précision helvétique, le train 1767 quitte la gare de Thonburi. En hurlant à la mort, il trace son chemin dans les bas quartiers de Bangkok.
Rangoon, Antananarivo, Djakarta, Bangkok, les banlieues se ressemblent.
A l’est de la Chao Phraya River, à Patkong, quartier des filles, comme à Soi Sana Songhrana, quartier des routards, les lumières brillent de mille feux. Les chauffeurs de tuk tuk gonflent le prix des courses, les cuisiniers font griller le poisson sur le trottoir, les filles se vendent et se revendent, les money changers surfent sur les taux de change.
A l’ouest de Bangkok, les lumières n’ont jamais brillé et les cabanes de bois enchevetrées portent la marque du temps et de la pauvre té. Le train pourfend ces territoires où la misère cotoie l’insalubrité. Le rail y est ligne de vie.
J’aime la ville lorsqu’elle se livre sans fard. J’aime ces quartiers de misère ou se brisent les rêves. Sans apprêt et sans couleurs, la banlieue se met en scène : des passerelles dérisoires jetées sur des eaux saumatres, une horde de chiens décharnés, le cadavre putréfié d’un canard imprudent, des carcasses de véhicules reconvertis vers d’autres destinées, une vieille femme édentée qui sourit encore à la vie.
La mort fait bon ménage avec la vie. La barque éventrée ne repartira plus vers le lac, un jeune poussin, jaune, s’ébroue dans la vase, et le petit autel où fume l’encens porte les espérances d’une vie meilleure. Une autre vie.
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Publié à 05:58, le 14/04/2008, Bangkok Mots clefs :
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